Le trajet est une sorte de métaphore de l'écriture, car à la fois il doit suivre une ligne avec un point de départ et un point d'arrivée et aussi parce que l'on ne sait pas toujours où l'on va.
Écrivez un trajet
Il peut s'agir d'un trajet vécu ou imaginaire
Il peut s'agir d'un trajet long ou court
D'un trajet à pied, à vélo, à voiture
Insistez sur les sensations rencontrées et déclinez sur tous les sens :
- Visuel
- Auditif
- Tactile
Il peut être raconté à la première ou à la troisième personne.
Matériel original :
Ecrire voilà tout ce qu'il me reste. Au terme d'un voyage dans la veine des plus purs looser. Je suis finalement parvenu à Barcelone. Et je suis à la porte de l'appartement en train d'attendre que quelqu'un vienne me porter les clés.
C'était un voyage de fou. Le voyant de température s'est allumé. Un mécanicien sur le chemin m'a expliqué. Le radiateur ne fonctionnait plus. Le joint de culasse est mort, il fuit dans le radiateur et la voiture monte en pression évaporant le liquide. J'ai consommé pour venir ici pas moins de 4 litres de liquide de refroidissement. Je roulais en portant mes mains près du chauffage quand la chaleur ne venait plus, cela signifiait aue le radiateur s'était bloqué.
Je devenais fou et je parlais tout seul, j'insultais ma voiture et j'essayais de tenir tranquille ma voiture en lui chantant des berceuses.
Maintenant je suis dans cyber café, vraiment à l'étroit pour faire de la littérature. C'est la merde.
Plot :
Brouillon :
J'avais tout simplement décidé que pour changer de vie, il me fallait changer d'univers. Alors, pour changer d'air, j'ai posé mon doigt sur une carte d'Europe et presque aléatoirement et décidé que le soleil chasserait mes idées noires.
Je déménagerais. Il avait fallu faire rentrer tout mon bardas dans la Renault 5. Alors, je n'emportais que l'essentiel : Des vêtements et quelques casseroles.
Quand j'ai tourné la clé de contact, mon coffre était si plein que je n'apercevais que la route devant moi. De fait, il m'était devenu impossible de faire marche arrière. Le prochain chapitre s 'écrirait à Naples.
Pour quitter Paris, il faut premièrement lutter contre la force gravitationnelle du bitume, comme un oiseau lisse ses plumes avant son envol, il faut de défaire du goudron gluant. J'étais avant tout concentré, comme s'il s'agissait d'une compétition, je tenais mes mains crispées sur le volant plein d'une hargne inédite. Je laissais cette fois le robinet ouvert et déversais sur les chauffard un torrent d'insultes bien verte, car enfin, leur sort ne me préoccupait plus, ni leur carbone, ni leur ciel.
Déjà, les nuages se dégageaient, laissaient entrevoir de larges saignée de ciel bleu, je passais la barrière de péage. Perdu dans mes pensées, je n'entendais que le bruit du moteur. Peu à peu, je me laissais aller à la tendresse de l'air qui s'engouffrait sourdement dans l'habitacle. Je n'avais pas d'autoradio et le silence et la solitude ont commencé à me peser. Alors, je me suis mis à chanter un Gospell Spirituals dont je connaissais une version des Golden Gate Quartet : Sometimes I Feel Like A Motherless Child.
L'espace clos me renvoyait le son comme un auditorium, j'avais l'impression que le timbre de ma voix était plus doux que d'habitude. Ensuite mon chant s'est éraillé, épuisé par une demi-heure de vocalise tonitruante, la fatigue me réduisait au silence et peut-être aussi à une forme de tristesse.
Mes pensées vagabondes s'empilaient, se dépilaient, construisaient et défaisaient une philosophie cosmique que ne déridaient pas les premières forêts ensoleillées que je traversais. Je me situais au milieu des camions comme un autre atome révolutionné et insignifiant. Dans les cabines des poids lourd, j'apercevais les chauffeurs fixer l'horizon à la fois résignés et obstinés, la route ne leur apportaient plus aucune adrénaline.
Aux alentours de midi, je dépassais Clermont-Ferrand, les premiers effets de la fatigue apparaissaient, mes yeux papillonnaient et mes paupières s'accordaient des pauses de plus en plus longue lorsqu'elles se déployaient. Une lutte contre les contingence du corps commençait, mais pour moi il n'était pas question de réviser mon objectif. Mais il ne s'est pas s'agit que d'une question de volonté, le destin me rappela alors toutes les implications d'une aventure aussi mal ficelée que la mienne lorsqu'un voyant rouge s'est allumé sur le compteur. Je n'avais jamais aperçu ce signal auparavant, le dessin représentait une petite burette d'huile. En remarquant qu'une odeur de brulé se répandait, j'ai rapidement diagnostiqué qu'il fallait sacrifier un contretemps à cette urgence. Je n'ai pas paniqué, tout ceci était logique, puisque je cherchais l'aventure, je la trouvais. J'ai simplement quitté l'autoroute, empruntant la première bretelle qui se présentait à moi et puis, j'ai arrêté ma machine sur le bas côté pour ouvrir le capot. Désemparé, je ne savais pas quoi observer, le sifflement continu que produisait la vapeur d'eau en sortant des durites était certes inquiétant, mais sans les bases élémentaires de mécanique, je ne pouvais rien faire.
J'en étais là, presque heureux qu'une première péripétie se soit invité à mon voyage, et je me gargarisais à l'idée d'ajouter une petite anecdote à mon carnet de voyage, quand un type à mobylette s'est arrêté pour s'inquiéter avec moi, m'apportant quelques paroles de réconfort, il m'indiquait un garage juste en bas de la côte où j'obtiendrais sans doute une aide, puis mon Samaritain est repartit pétaradant après m'avoir souhaité bonne chance. Je laissais glisser l'auto le long de la pente sans allumer le moteur.
J'arrivais juste à temps, le garagiste s'apprêtait à partir déjeuner. Tirant une bouffée de sa cigarette avant d'engager la conversation, il me demanda laconiquement : un problème ? Je lui expliquais rapidement mes inquiétudes. Il les accueilli sans étonnement, puis après un rapide coup d'oeil sous le capot, il livrait son diagnostic comme une augure terrible. « Vous avez une surpression dans le radiateur, c'est peut être un réglage mal fait, mais plus probablement le joint de culasse laisse passer l'air dans votre radiateur » Il pris alors une allure prophétique : « Et si c'est le joint de culasse, il n'y a rien à faire, il ne reste plus qu'à conduire votre véhicule au garage ». Fatalité ! Me voici donc entre deux vies : ni arrivé, ni même parti, mon fidèle destrier prêt à rendre l'âme au beau milieu de nul part. Mais peu m'importait d'arriver à Naples derrière une dépanneuse, il n'était plus temps de réfléchir. L'homme me vendit un bidon de liquide de refroidissement, et me montra la manipulation d'urgence pour soulager le radiateur, puis s'essuyant dans un chiffon plein de cambouis, il me serrait la main et me souhaitait bonne chance avant de rentrer chez lui pour un bon repas.
Le véritable voyage, celui que j'attendais, commençait enfin. Je perdais le contrôle des événements. Dans ma voiture, je n'étais plus si gesticulant, mais plus angoissé, je ne chantais plus, mais je vitupérais une contre Paris qui m'attachait sa malédiction à des distances incroyables. Les kilomètres défilaient dans la hantise du voyant rouge. Je reniflais l'air et m'inquiétais parfois d'une odeur fantôme de brûlé. Tenant le volant de ma main gauche, j'approchais ma main droite du circuit de ventilation, j'espérais détecter rapidement une éventuelle surchauffe moteur. Je fis encore trois cent kilomètres avant que le voyant ne s'allume une autre fois. Instinctivement, je compris que ma voiture risquait gros : le joint de culasse s'il lâchait, sonnerait le glas de mon épopée. Alors, j'ai encouragé ma Titine – ainsi que j'avais baptisé ma voiture – je lui promettais un futur rayonnant, je lui jurait qu'elle n'irait pas à la casse et de ne plus lui faire subir l'asphyxie bouchons, j'allais être sage et ne plus l'engueuler. Je la priais de tenir encore un peu, au moins jusqu'à ce que nous atteignissions notre destination. Je me suis mis à ralentir et m'arrêtais à une station de service. J'ouvrais le capot à mon tour, et reproduisait méticuleusement la manipulation que m'avait enseigné le garagiste.
J'étais toujours seul, de plus en plus épuisé. La nuit s'est mise à tomber. En dépassant Nice, je me suis fais klaxonner par un poids lourd qui manifestement trouvais que je n'avançais pas assez vite. J'ai fait un doigt à cet enfoiré, lequel m'a répondu par un klaxon affreux et une queue de poisson.
Laisse Titine, laisse... c'est un pauvre con qui ne connait rien de notre traversée. Mais Titine n'en pouvait plus, elle avait avalé tout son liquide de refroidissement et avait encore soif. En guise de mouchoir blanc, elle m'affichait un voyant rouge. Cette fois c'était la fin.
J'ai braqué immédiatement, in extremis, question de vie ou de mort, arrêt au premier parking et repos. J'aperçus au loin une sorte de fanal m'indiquant une station service, mais épuisé par plus de 900 kilomètres, je ne parvenais plus à m'orienter dans le dédale des ronds-points et des bretelles. J'ai garé Titine au milieu d'une aire sombre. Je lui ai promis d'étancher sa soif, j'ai couru dans la nuit jusqu'au lumière et j'ai demandé au plancton en faction s'il ne se vendait pas par hasard un peu de liquide de refroidissement dans ce troquet. Le type s'exécutait et me refilait contre dix euro un bidon de gnôle pour abreuver ma Titine. Je courais jusqu'à elle, de mes doigt tremblant, j'ouvrais le robinet du radiateur et laissais s'échapper la vapeur. Je me brûlais. Je hurlais « Merde ! » et je donnais un grand coup de pied dans le pare-choc. Je hurlais « Merde ! », presque immédiatement, j'ai eu un remord, comme si j'allais hâter l'agonie de mon canasson.
Je fumais une cigarette. Je regardais ma pauvre vie empilée dans le coffre. Je fumais une deuxième cigarette, et puis je marchais un peu dans le noir pour reprendre mon calme. Quand le capot fut tout à fait refroidi, j'hésitais longuement avant de remettre la clé de contact, puis je glissais vers un hôtel, ma nouvelle vie attendrait une nuit.
Relecture :
Pour changer de vie, j'avais tout simplement décidé qu'il me fallait changer d'univers. Alors, pour changer d'air, j'ai posé mon doigt sur une carte d'Europe et j'ai choisi de partir vers le sud, pensant que le soleil chasserait mes idées noires, j'ai déterminé ma destination presque aléatoirement : Naples. Le fait que je ne connaissais pas cette ville importait peu. Comme on dit que pour aller aussi loin, mieux vaut partir léger. Alors, pour mon déménagement, tout mon bardas devait tenir dans la Renault 5, il n'y avait que l'essentiel : Des vêtements, quelques casseroles ainsi que mon piano électrique dont je ne pouvais de me passer. Le tri avait été sévère.
Je suis parti un jeudi du mois de novembre, un matin à six heures. Quand j'ai tourné la clé de contact, mon coffre était si plein que je n'apercevais que la route devant moi et de fait, il m'était devenu impossible de faire marche arrière. Au seuil de ce moment historique, en guise d'apophtegme, je décrétais mentalement que le prochain chapitre de ma vie s'écrirait à Naples quoiqu'il advienne.
Pour quitter Paris, il me fallu premièrement lutter contre la force gravitationnelle de la capitale, échapper aux courants centripète. Comme un oiseau lisse ses plumes avant son envol, j'ai du me défaire du goudron qui empesait mon âme. Lorsque le moteur vrombit, j'étais concentré, comme pour une compétition, je tenais mes mains crispées sur le volant débordant d'une hargne comme jamais. Je laissais cette fois le robinet ouvert et couvrait les automobilistes grégaire, d'un torrent d'insultes, les travailleurs innocents je les abandonnais à leur triste sort dans un triomphe odieux : adieu loosers. Je n'avais plus rien à voir avec eux : ni leur carbone, ni leur ciel.
Lorsque je passais la barrière de péage de l'autoroutedu solei, déjà, le soleil se levait, les nuages se dégageaient et laissaient entrevoir de larges saignées bleues dans le ciel. Perdu dans mes pensées, je n'entendais que le bruit du moteur. Je baissais la vitre pour laisser un filet d'air s'engouffrer dans l'habitacle, je m'attendrissait au parfum épique de la liberté. J'étais seul et absolument libre. Comme je n'avais pas d'autoradio, pour troubler le silence et la solitude, je me suis mis à chanter un Gospell Spirituals : Sometimes I Feel Like A Motherless Child.
L'espace clos me renvoyait le son comme dans un auditorium. J'avais l'impression que le timbre de ma voix était plus profond que d'habitude, tout en puissance, jusqu'à ne plus avoir même la concentration suffisante pour regarder la route. Ensuite, épuisé après une demi-heure de vocalises tonitruantes, mon chant s'est éraillé. Imperceptiblement, à la dérive sur le radeau de mes émotions, mon optimisme forcené est revenu à plus de tempérance. La fatigue me réduit au silence et peut-être aussi à une forme de tristesse.
Mes pensées vagabondes s'empilaient, se dépilaient, construisaient et défaisaient une philosophie cosmique et grave que rien ne déridait, pas même les premières forêts ensoleillées que je traversais. Comme un autre atome révolutionné et insignifiant, j'évoluais au milieu de camions énormes. Dans les cabines des poids lourd, j'apercevais les chauffeurs fixer l'horizon à la fois résignés et obstinés.
Aux alentours de midi, je dépassais Clermont-Ferrand et les premiers effets de la fatigue apparaissaient. Mes yeux papillonnaient et mes paupières s'accordaient des pauses de plus en plus longues. Une lutte contre le sommeil commençait, mais pour moi il n'était pas question de réviser mon objectif. J'avais décidé qu'il ne s'agissait là que d'une question de volonté, le destin me rappela alors toutes les implications d'une aventure aussi mal ficelée que la mienne lorsqu'un voyant rouge s'est allumé sur le compteur. Je n'avais jamais aperçu ce signal auparavant, une petite burette d'huile me signalait une température anormalement élevée dans le moteur. En remarquant qu'une odeur de brulé se répandait, j'ai rapidement diagnostiqué qu'il fallait sacrifier un contretemps à cette urgence. Je n'ai pas paniqué, tout ceci était logique, puisque je cherchais l'aventure, je la trouvais. J'ai simplement quitté l'autoroute, empruntant la première bretelle qui se présentait à moi et puis, j'ai arrêté ma machine sur le bas côté pour ouvrir le capot. Désemparé, je ne savais pas quoi observer, le sifflement continu que produisait la vapeur d'eau en sortant des durites était certes inquiétant, mais sans les bases élémentaires de mécanique, je ne pouvais rien faire.
J'en étais là, presque heureux de cette première péripétie propre à pimenter mon voyage, me gargarisant à l'idée d'ajouter une anecdote amusante à mon carnet de voyage quand j'entendis le bruit d'une mobylette, le type s'est arrêté pour s'inquiéter avec moi, m'apportant quelques paroles de réconfort, il m'indiquait un garage juste en bas de la côte où j'obtiendrais probablement de l'aide, puis mon Samaritain est repartit pétaradant après m'avoir souhaité bonne chance. Je laissais glisser l'auto le long de la pente sans allumer le moteur.
J'arrivais juste à temps, le garagiste s'apprêtait à partir déjeuner. Tirant une bouffée de sa cigarette avant d'engager la conversation, il me demanda laconiquement : un problème ? Je lui expliquais rapidement mes inquiétudes. Il les accueilli sans étonnement, puis après un rapide coup d'oeil sous le capot, il livrait son diagnostic comme une augure terrible. « Vous avez une surpression dans le radiateur, c'est peut être un réglage mal fait, mais plus probablement le joint de culasse laisse passer l'air dans votre radiateur » Il pris alors une allure prophétique : « Et si c'est le joint de culasse, il n'y a rien à faire, il ne reste plus qu'à conduire votre véhicule au garage ». Fatalité ! Me voici donc entre deux vies : ni arrivé, ni même parti, mon fidèle destrier prêt à rendre l'âme au beau milieu de nul part. Mais peu m'importait d'arriver à Naples derrière une dépanneuse, il n'était plus temps de réfléchir. L'homme me vendit un bidon de liquide de refroidissement, et me montra la manipulation d'urgence pour soulager le radiateur, puis s'essuyant dans un chiffon plein de cambouis, il me serrait la main et me souhaitait bonne chance avant de rentrer chez lui pour un bon repas.
Le véritable voyage, celui que j'attendais, commençait enfin alors que le contrôle des événements m'échappait. Dans ma voiture, je n'étais plus si gesticulant, je ne chantais plus, mais je vitupérais une contre Paris qui m'attachait sa malédiction à ces distances si lointaines. Les kilomètres défilaient dans la hantise du voyant rouge. Je reniflais l'air et m'inquiétais parfois d'une odeur de brûlé fantasmée. Tenant le volant de ma main gauche, j'approchais ma main droite du circuit de ventilation pour détecter rapidement une éventuelle surchauffe moteur. Je fis encore trois cent kilomètres avant que le voyant ne s'allume une autre fois. Instinctivement, je compris que ma voiture risquait gros : le joint de culasse s'il lâchait, sonnerait le glas de mon épopée. Alors, j'ai encouragé ma Titine – ainsi que j'appelle ma voiture dans l'intimité – je lui promettais un futur lumineux, loin de l'asphyxie des embouteillages, je lui jurait qu'elle n'irait pas à la casse, j'allais être sage et ne plus l'engueuler. Je la priais de tenir encore un peu, au moins jusqu'à ce que nous atteignions notre destination. J'ai levé le pied de l'accélérateur pour montrer ma bonne volonté et puis, voyant qu'elle souffrait, je me suis arrêté à une station de service. J'ouvrais le capot à mon tour, et en reproduisant méticuleusement la manipulation que m'avait enseigné le garagiste, je rassasiais le circuit du radiateur d'une bonne dose de liquide de refroidissement.
La fatigue du voyage s'accumulait, la nuit s'est mise à tomber. Mes bras en tension avaient besoin de se dégourdir, mais je tenais bon. En dépassant Nice, un poids lourd m'a dépassé, avec de grand appel de phare, il trouvait que je n'avançais pas assez vite. J'ai fait un doigt à cet enfoiré, lequel m'a répondu par un klaxon affreux et une queue de poisson. Mon coeur à fait un bon.
Laisse Titine, laisse... c'est un pauvre con qui ne connait rien de notre traversée. Mais Titine n'en pouvait plus, elle avait avalé tout son liquide de refroidissement et avait encore soif. En guise de mouchoir blanc, elle m'affichait un voyant rouge. Cette fois c'était la fin.
J'ai braqué immédiatement, in extremis, question de vie ou de mort, arrêt au premier parking et repos. J'aperçus au loin un panneau lumineux m'indiquant une station service comme une oasis, mais épuisé par plus de 900 kilomètres, je ne parvenais plus à m'orienter dans le dédale des ronds-points et des bretelles. J'ai garé Titine au milieu d'une aire sombre. Je lui ai promis d'étancher sa soif, j'ai couru dans la nuit jusqu'au lumière . J'ai demandé au plancton en faction s'il ne se vendait pas par hasard un peu de liquide de refroidissement dans ce troquet. L'employé s'exécutait et me refilait contre dix euro un bidon de gnôle pour abreuver ma Titine. Avec mon précieux liquide sous le bras, j'ai couru jusqu'à elle pour la délivrer, de mes doigt tremblant, j'ouvrais le robinet du radiateur et laissais s'échapper la vapeur. Je me brûlais. Je hurlais « Merde ! » et je donnais un grand coup de pied dans le pare-choc. Je hurlais « Merde ! », presque immédiatement, j'ai eu un remord, comme si j'allais hâter son agonie.
Je fumais une cigarette. Je regardais ma pauvre vie empilée dans le coffre. Je fumais une deuxième cigarette, et puis je marchais un peu dans le noir pour reprendre mon calme. Quand le capot fut tout à fait refroidi, j'hésitais longuement avant de remettre la clé de contact, puis je glissais vers un hôtel. Finalement, j'acceptais de faire attendre ma nouvelle vie une nuit.
Commentaires :
mardi 10 novembre 2009
lundi 19 octobre 2009
Proposition n°2
Développez un souvenir
La mort de mon grand père
Je me souviens de ma première rencontre avec la mort. Mon père m'avait appelé au téléphone et m'annonçait sobrement : J'ai une mauvaise nouvelle, ton grand père est mort.
Voilà ! Je venais de rencontrer la mort. Surpris de ne pas être estomaqué, ni effondré, ni transpercé, je me suis tenu droit sans avoir besoin de m'appuyer aux murs. J'ai simplement dit : "Ah bon" et puis j'ai raccroché. Toute la nuit, j'ai réfléchi, ce n'était donc que ça de rencontrer la mort. Je venais de franchir un mur invisible.
Le jour de l'enterrement, j'ai vu la foule noire, j'ai vu ces yeux rougis, ces murmures tristes et ces consolations proférées d'une voix brisée. J'ai vu tous ces vivants, sombres comme au dernier jour du monde. Et puis c'est remonté là, d'un coup, comme un poignard jusqu'au coeur. J'ai pleuré comme un veau des eaux dont j'ignorais la source. Et puis je me suis caché dans la masse noire qui remplissait l'église. Je me sentais si seul.
La mort de mon grand père
Je me souviens de ma première rencontre avec la mort. Mon père m'avait appelé au téléphone et m'annonçait sobrement : J'ai une mauvaise nouvelle, ton grand père est mort.
Voilà ! Je venais de rencontrer la mort. Surpris de ne pas être estomaqué, ni effondré, ni transpercé, je me suis tenu droit sans avoir besoin de m'appuyer aux murs. J'ai simplement dit : "Ah bon" et puis j'ai raccroché. Toute la nuit, j'ai réfléchi, ce n'était donc que ça de rencontrer la mort. Je venais de franchir un mur invisible.
Le jour de l'enterrement, j'ai vu la foule noire, j'ai vu ces yeux rougis, ces murmures tristes et ces consolations proférées d'une voix brisée. J'ai vu tous ces vivants, sombres comme au dernier jour du monde. Et puis c'est remonté là, d'un coup, comme un poignard jusqu'au coeur. J'ai pleuré comme un veau des eaux dont j'ignorais la source. Et puis je me suis caché dans la masse noire qui remplissait l'église. Je me sentais si seul.
Proposition n°1
Proposition n°1Tirez un mot au hasard parmi des mots abstraits (par exemple littérature) et concret (chaise) et écrivez quelques lignes.
Le langage
De toutes les langues de la terre, c'est l'italien que je préfère. Parce qu'il chante, je crois que c'est la meilleure langue à vivre : Ciao, Arrivederci, et c'est déjà un poème qui commence. Mais suivant où l'on se trouve, la langue varie : L'espagnol est plus brutal, l'arabe l'est plus encore. C'est sans doute la chaleur qui libère la bête qui sommeille en nous ! Rafraichis sans doute par le vent du nord, le français est plus policé et pointu. Et si l'anglais est si violent et pléthorique, c'est qu'il doit lutter contre des climats peu cléments.
Sur la carte du monde, le langage possède sa propre météo, mais c'est peu être le même baromètre. Comme si l'on ne disait pas la même chose suivant qu'il fait beau où que le temps soit couvert.
Un philosophe s'en étonnerait surement ! C'est curieux comme le coeur des hommes choisit différentes manière de s'exprimer pour une simple question de tropique. Mais sont-ils si différents ces cœurs ?
Le langage
De toutes les langues de la terre, c'est l'italien que je préfère. Parce qu'il chante, je crois que c'est la meilleure langue à vivre : Ciao, Arrivederci, et c'est déjà un poème qui commence. Mais suivant où l'on se trouve, la langue varie : L'espagnol est plus brutal, l'arabe l'est plus encore. C'est sans doute la chaleur qui libère la bête qui sommeille en nous ! Rafraichis sans doute par le vent du nord, le français est plus policé et pointu. Et si l'anglais est si violent et pléthorique, c'est qu'il doit lutter contre des climats peu cléments.
Sur la carte du monde, le langage possède sa propre météo, mais c'est peu être le même baromètre. Comme si l'on ne disait pas la même chose suivant qu'il fait beau où que le temps soit couvert.
Un philosophe s'en étonnerait surement ! C'est curieux comme le coeur des hommes choisit différentes manière de s'exprimer pour une simple question de tropique. Mais sont-ils si différents ces cœurs ?
Inscription à :
Commentaires (Atom)