jeudi 22 novembre 2007

La bonne écriture

Définir ce qu'est une bonne écriture n'est pas une chose aisée. Chacun possède ses attentes propres vis-à-vis d'une lecture. Il existe donc autant de bonnes écritures qu'il existe de lecteurs. Pourtant, renoncer à tout principe en la matière serait comme d'affirmer que l'on ne peut avoir aucune exigence a priori.

Pour ma part, j'estime que la première vertu d'un texte est d'être compréhensible parce que c'est le but premier du langage. Dans un second temps seulement, on pourra impressionner, parce que la littérature aime qu'on se souvienne d'elle.

Le mélange de ces deux choses produit ce qu'on appelle pompeusement : le style. Mais, contrairement à ce que le mot laisse supposer, il ne s'agit pas de cosmétique. En effet, le but n'est pas de faire des manières ou d'affirmer sa personnalité, il est de provoquer l'emphase avec son lecteur. La littérature, comme tout art, est d'abord laborieuse avant d'être quoi que ce soit d'autre.

Il y a bien longtemps que j'essaye d'écrire, hélas, je n'ai appris que très récemment que j'écrivais mal. J'avais en effet commis l'erreur de croire que la poésie était l'amie naturelle de l'incompréhension : C'est totalement faux ! Au contraire, il faut employer les mots pour le sens qu'ils portent vraiment, car jamais un mot ne vous appartient, sa signification n'appartient d'ailleurs pas non plus aux dictionnaires (bien qu'ils aient souvent raison), le sens d'un mot est dans son usage, il appartient à ceux qui l'utilisent.

Pour développer sa prose, il faut la rendre transparente et fluide de sorte qu'elle frappe l'oreille d'un enfant avec la même harmonie que celle d'un adulte, même s'il ne comprend pas ce qui se dit, il faut que la musique reste compréhensible malgré tout. Pour ce faire, chacun aura sa technique. Les plus scientifiques apprécieront la pragmatique qui est l'art de formuler des phrases concises. À partir de cette idée directrice, les lois sont déduites. Je les présenterais dans un post futur. Mais il existe également des techniques plus mystiques et incantatoires : relire énormément ses textes, apporter des corrections sans fin et apparemment sans but, avancer doucement vers l'aboutissement et comprendre qu'un texte n'est jamais totalement fini. Oublier, écrire, corriger à nouveau... l'histoire de la vie apparait en filigrane. Il est également possible de faire subir à ses textes l'expérience du gueuloir, c'est-à-dire lire ses textes à voix haute. C'est un traitement très formateur. Personnellement, je n'ai jamais rien écrit qui ai traversé cette épreuve sans correction. Et même avec ces techniques, j'ai compris qu'il n'était pas suffisant d'être correct : la légèreté est encore bien plus difficile à atteindre. Pour ce faire, ma méthode est de lire mes textes jusqu'au moment où, n'entendant plus que le tintement des mots comme une pagaie qui s'enfonce dans l'eau, je ne perçois plus que le sens profond du mot et sa résonance inconsciente devient tout ce qui me reste dans le sommeil.

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